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Interim Bensalah, provocation et mépris de la Nation

DeCOMMUNIQUE ACDA – 11 Avril 2019

Affichant son mépris ferme et profond pour le mouvement populaire, le régime algérien continue de dérouler sa reprise en main, en faisant confirmer par un congrès aux ordres, Abdlekader Bensalah comme Chef de l’Etat pour la période d’interim, appliquant sa constitution à la lettre et sans négociation. M. Bensalah s’est immédiatement exécuté et a annoncé des élections présidentielles pour le 4 juillet 2019.

En s’entêtant dans son scénario de normalisation, le régime donne un signal supplémentaire qu’il n’est pas disposé à respecter la marche de l’Histoire et qu’il méprise les demandes du mouvement populaire, aussi massif fût-il, pour un changement démocratique réel de régime.

Le mouvement populaire signale à sa manière, qu’il n’est pas disposé à se soumettre à cette normalisation, et ne participe pas à la supercherie orchestrée par Gaïd Salah et son état-major, à l’instar des innombrables manifestations dans le pays, de la mobilisation quotidienne des étudiants, de l’appel à la grève générale ce 10 Avril, etc. De nombreux communiqués appellent à renforcer la mobilisation dès ce vendredi 12 avril.

ACDA appelle plus que jamais les Algériennes et les Algériens en Algérie, en France et partout dans le monde, à soutenir la mobilisation populaire, unitaire et pacifique, à participer aux marches et rassemblements qui vendredisent les espoirs de changement, d’avenir et de liberté. ACDA appelle à s’organiser afin de monter la pression politique contre ce régime, seule force à même de le faire céder, et ouvrir la voie à une transition indépendante vers l’Etat de droit, les libertés démocratiques et le progrès social.

Mis en avant

ACDA dénonce la répression du mouvement populaire

COMMUNIQUE – 09 Avril 2019

Depuis le début du mouvement populaire du 22 février, le régime algérien cherche à mettre au pas la volonté populaire.
Depuis ce 5 avril, au pacifisme des marches, s’opposent de manière insistante des barrages routiers, des interdictions de manifestation hors vendredi, des descentes musclées dans l’espace public, des gaz lacrymogènes et des jets d’eau, des arrestations d’activistes, de militants, de journalistes, d’étudiants.

Chaque jour, des manifestations et des rassemblements viennent braver cette tentative de redéployer les méthodes répressives d’avant 22-février, dans un climat d’intimidation croissant. Ce climat d’intimidation, instauré par le régime, doit cesser immédiatement.

ACDA dénonce fermement la logique répressive qui cherche à fragiliser le mouvement populaire pacifique et démocratique. Nous alertons l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de cette évolution répressive.

ACDA partage la lucidité du mouvement populaire qui maintient sa mobilisation pacifique et sa pression politique, déjoue les provocations, et exige une transition démocratique indépendante.

Paris, le 9 avril 2019

Maintenir la mobilisation pour une transition indépendante du régime

Communiqué ACDA, 4 avril 2019

Dès le 22 février, les marches populaires – réitérées chaque vendredi –, par leur ampleur, leur étendue sociale et nationale, leurs modes d’organisation et leur pacifisme (« silmiya »), ont bouleversé la donne politique au pays, marquée jusqu’ici par le statu-quo mortifère imposé par le pouvoir.

Ce mouvement historique a fait bouger les lignes et précipiter la crise du régime politique. La démission du président de la république imposée par l’état-major constitue la nouvelle étape de cette crise, où les coups bas entre clans succèdent aux incohérences de la démarche.

Ainsi, le 11 mars, le chef d’état-major de l’armée s’affiche avec le président de retour de Suisse, lequel annonce l’annulation des élections présidentielles prévues et la mise en place d’une période de transition sans en préciser les contours ni le calendrier.

Le 26 mars, ce chef militaire brandit l’article 102 de la Constitution appelant à la destitution du président mais accepte, le 31 mars, d’être reconduit comme vice-ministre de la défense dans le gouvernement Bedoui.

Enfin, ce 2 avril, il fait démissionner le président, opérant ainsi un énième coup de force contre la volonté populaire qui exige le « changement du système » : pour une transition politique indépendante du régime, pour un Etat de droit dans une Algérie libre et démocratique.

Les références au patriotisme, à la nation et, surtout, à la Constitution qui n’a cessé d’être piétinée sont des leurres qui ne trompent pas les Algériennes et les Algériens. Les dépassements constitutionnels répétés de la part de l’état-major de l’armée, les lynchages médiatiques et les arrestations des oligarques par une justice aux ordres sont autant de preuves du refus de rompre avec une organisation autoritaire et de non-droit de l’Etat.

Pour ACDA, l’enjeu est désormais clair : ou bien accepter le processus que veut imposer désormais le haut commandement militaire, de reconduction, avec quelques replâtrages, d’un système politique rejeté par les Algériennes et les Algériens ; ou bien, mettre en œuvre une réelle transition politique négociée entre les représentants du mouvement populaire, qui émergeront à la suite des nombreuses concertations qui s’organisent aujourd’hui, et les représentants intègres au sein des institutions publiques. L’armée, qui a bien engagé sa professionnalisation, jouera pleinement son rôle de gardienne de l’intégrité territoriale du pays contre les menaces extérieures dans le cadre de la nouvelle Constitution issue de la future assemblée constituante.

Aussi, dans la continuité des marches qui s’organisent dans le pays ce vendredi 5 avril, ACDA appelle les Algériennes et les Algériens résidant à Paris et dans la région parisienne, les ami(e)s de l’Algérie, au rassemblement à Paris, place de la République, dimanche 7 avril 2019, à partir de 13 heures.
– Pour une transition politique pacifique indépendante du régime
– Pour un Etat de droit, les libertés, l’égalité et la justice sociale

Communiqué du 03 Avril – POUR UNE TRANSITION POLITIQUE SANS LE SYSTEME

Collectif de la Société Civile – Alger – communiqué 3 Avril 2019

La démission de Bouteflika du poste de président de la république est une première victoire arrachée par la mobilisation historique et sans faille du peuple algérien. Nous en prenons acte ! Mais celle-ci ne suffit car elle n’offre aucune garantie. D’autres victoires sont nécessaires. Une partie du chemin est parcouru mais ce dernier reste encore long.

La vraie victoire, la seule victoire, sera actée par la rupture avec le système hérité depuis 1962, le départ de tous les responsables de ce régime honni et le passage vers la nouvelle République démocratique et sociale à travers des institutions de transition consensuelles, fortes et représentatives de la volonté du peuple algérien.

Les développements de ces derniers jours et les signaux envoyé par le système – avec notamment la nomination du gouvernement Bedoui et la guerre des communiqués entre la présidence et l’état-major de l’armée, confirment la poursuite de l’option de la transition clanique au sein même du pouvoir à travers l’application de l’article 102 de la constitution qui ne garantit nullement une transition indépendante du système comme l’exigent les marches du peuple depuis le 22 février.

La marche vers la deuxième république est irréversible. nous appelons à maintenir la pression par la mobilisation pacifique et à sortir massivement pour les manifestations de ce vendredi 5 avril 2019 partout en Algérie et réaffirmer la volonté populaire pour le changement démocratique.

Fait à Alger le le 03 avril 2019.

Les organisations signataires:

LADDH ( Benissad/Zahouane) (Ligue Algérienne de la Défense des Droits de l’Homme)

· LADH (Ligue Algérienne des Droits de l’Homme)

· RAJ (Rassemblement – Actions – Jeunesse)

· DJAZAIROUNA

· SOS DISPARUS

· RESEAU WASSILA

· THARWA FADHMA N’SOUMER

· Association TIMLILIT

· CSVM-22 FEV (Comité Soutien Vigilance du Mouvement 22 Février)

· SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation)

· SNAPEST (Le syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique )

· SNAP (Syndicat National Autonome des postiers)

· SNAPAP (Ssyndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique)

· CGATA (Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie)

· SOS CULTURE BAB ELOUED

· ACDA (Association pour le Changement Démocratique en Algérie)

· CNDDC (Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs)

· Le collectif des Haragas disparus en mer.

· IRD (Initiative de Refondation Démocratique)

· Collectif des Jeunes engagés

. RADDH.

Pour une transition démocratique indépendante – Appel à un forum démocratique

Un peuple libéré de la peur et résolu à prendre en main son destin politique

Le formidable élan populaire de ces dernières semaines a démenti les clichés sur l’état de résignation de la société algérienne : l’esprit civique est encore vivant en son sein, l’attachement aux institutions est plus fort qu’imaginé, la capacité des citoyennes et des citoyens à agir pacifiquement pour maîtriser leur destin collectif en tant que peuple et nation demeure intacte. Huit ans après le déclenchement de la révolution tunisienne, notre pays se trouve à son tour et de nouveau, dans son histoire récente, à la croisée des chemins.

Le caractère pacifique, joyeux de cette mobilisation projette au-devant de l’histoire une génération libérée des peurs, ouverte sur le monde, raillant ce régime mafieux avec un humour décapant et jouissif. « Vous allez vous confronter à une génération qui vous connaît bien et que vous ne connaissez pas du tout » disait une pancarte portée par une jeune femme drapée des emblèmes national et amazigh.

Le sursaut de dignité face au mépris dans lequel nous a maintenus le régime et à l’humiliation qu’aurait constitué le cinquième mandat d’un président, manifestement invalide, a libéré la parole et l’énergie d’un peuple qui refuse de céder au chantage au chaos.

Préserver l’Algérie de la violence

Le chantage au retour à la violence doit néanmoins être pris au sérieux. L’armée nationale populaire ne doit pas se couper définitivement de son peuple et renouveler les dramatiques épisodes passés. Avec toutes les forces de sécurité, elle doit tout au contraire veiller, avec les moyens de la loi, à ne pas laisser certaines puissances de l’argent sale tentées de recourir à des provocations meurtrières enclencher un nouveau cycle de violence.

Une telle issue n’est pas une fatalité : le peuple algérien en est aujourd’hui bien conscient en manifestant massivement et pacifiquement depuis le 22 février. Il est résolu à ne pas se laisser entraîner sur la pente de la violence, averti du danger que court l’Algérie en tant qu’État nation si elle venait à verser dans la violence meurtrière, dans un contexte géopolitique chaotique à ses frontières sud et sud-est.

Résister à la tentation de répondre aux provocations du régime, refuser le recours à la violence et faire preuve d’audace politique dans un esprit d’union nationale sont les impératifs de toute action visant à changer de régime.

Maintenir la mobilisation populaire pour un changement radical de régime

Au soir de sa vie, Bouteflika ne semble pas mesurer la force du désir de changement et la soif de liberté exprimé par les mobilisations massives.

L’acharnement du régime à vouloir maintenir le cinquième mandat, avec ou sans élection, n’est qu’un symptôme de la déliquescence de l’État : le véritable enjeu est le changement de régime et l’avènement d’une deuxième République, authentiquement démocratique et sociale.

Pour une république authentiquement démocratique et sociale

Ce changement de régime ne peut se faire sous le contrôle de ceux qui ont mené l’Algérie dans l’impasse actuelle. Ils ne peuvent être les principaux acteurs de ce changement et ne doivent pas dominer la période de transition. Ils sont aujourd’hui le principal problème de l’Algérie.

Le report de l’élection présidentielle du 18 avril à une date inconnue, la volonté de prolonger le quatrième mandat de Bouteflika sans élection et sans fondement constitutionnel et la promesse d’une période de transition, maîtrisée par le régime, habitué aux manœuvres en tous genres pour se maintenir, constituent autant d’indices d’une manipulation visant à reprendre l’initiative politique et à gagner du temps afin de se régénérer.

Le changement radical ne peut advenir que soutenu par la mobilisation populaire, toujours pacifique et vigilante et par une participation active de toutes les forces nationales aspirant à un changement politique qui corresponde aux aspirations exprimées pour la démocratie, l’égalité et la justice sociale, contre un régime sans vision, corrompu et contre tous ceux qui ont sur les mains le sang de nos compatriotes morts durant la « décennie noire ».

Les marches populaires, joyeuses et massives de ces dernières semaines font écho aux manifestations à l’indépendance du pays en 1962. Par leur caractère inédit et représentatif de toutes les couches de la société, ces marches sont l’expression de la volonté des Algériennes et des Algériens de faire nation dans la liberté, la démocratie et la justice sociale : une société apaisée assumant son pluralisme politique, culturel et linguistique.

Pour cela, la transition vers une nouvelle république doit passer par plusieurs étapes : la préparation des conditions de large représentativité d’une future assemblée constituante, son élection et enfin le temps d’élaboration d’une nouvelle Constitution qui consacrera d’une façon solennelle ce moment historique inaugural d’une deuxième République. Cette assemblée constituante ne doit pas être l’otage d’une dictature d’opinions, religieuses ou identitaires, ou des forces de l’argent sale qui auront trop à perdre. Elle doit consacrer les normes universelles garantissant les libertés collectives et individuelles, la démocratie, l’égalité entre toutes les citoyennes et les citoyens et la justice sociale.

S’affranchir de la forme et du fonctionnement actuels des institutions

En ce moment historique où le peuple a la capacité, inédite ces dernières décennies, d’être acteur de son destin politique, il faut oser penser et s’affranchir de la forme et du fonctionnement actuels des institutions et se donner les moyens d’entamer, le plus tôt possible, un processus de transition politique pacifique, graduel mais radical, un processus de transition émancipé du régime dont il doit acter la fin.

En d’autres termes, que Bouteflika ne soit plus président à partir du terme de son actuel mandat – le 27 avril 2019 –est une condition nécessaire. C’est le seul moyen de répondre au message que lui ont adressé personnellement des millions d’Algériennes et d’Algériens qui refusent toute idée de cinquième mandat, quel que soit son habillage. En cette période historique, une vacance du poste présidentiel, mais pas de la fonction, est une des options à ne pas écarter.

Cette condition est cependant insuffisante. Outre le report de l’élection présidentielle à une date postérieure à l’adoption de la nouvelle constitution, il convient de concevoir les modalités juridiques et politiques ainsi que les institutions de la transition et d’agir résolument pour les mettre en place et les faire aboutir. Avec le coup de force entamé le 11 mars, il apparaît encore plus nécessaire aujourd’hui de militer en faveur de la mise en place, dans le délai le plus court possible   d’institutions de transition indépendantes du régime comprenant par exemple un gouvernement d’union nationale doté des compétences de l’exécutif et un organe doté des compétences législatives chargés de créer les conditions politiques et juridiques de consultations libres et pluralistes pour élire une assemblée constituante.

Le recours à l’article 102 de la Constitution est encore possible mais il demeure insuffisant

Le report de l’élection présidentielle était une proposition relativement commune ces dernières semaines. Elle est désormais acquise depuis la décision du régime du 11 mars, sans qu’il y ait lieu de passer par la possibilité qu’offre l’article 102 de la Constitution de déclarer l’état d’empêchement du président de la République pour maladie grave et durable. Cette voie peut encore être utilisée, mais cette option ne doit pas détourner l’attention. Même si elle venait finalement à être mise en place, la période d’intérim qu’elle prévoit serait trop courte pour créer les conditions politiques et juridiques de nouvelles élections, que ce soit pour établir une assemblée constituante ou pour désigner un nouveau chef de l’Etat. Dans tous les cas, il est évident que l’actuel président en titre ne peut pas rester en fonction au-delà du terme de son quatrième mandat, à savoir le 27 avril 2019, sans violer la Constitution qu’il a déjà tant malmenée et dont il est censé être le garant.

La nécessité d’être inventifs dans l’interprétation de la Constitution et de ne pas écarter l’option de son dépassement

Dans ce contexte, il est nécessaire de réfléchir dès maintenant à des solutions, de préférence dans le respect de l’actuelle Constitution. Elles pourraient être trouvées à condition de l’interpréter de manière dynamique en poursuivant le double objectif du changement de régime dans le sens d’une démocratisation et du maintien d’un cadre constitutionnel et légal respectueux des libertés publiques. Si elles ne pouvaient être trouvées dans le respect de l’actuelle Constitution, des solutions institutionnelles pour une transition démocratique indépendante de l’actuel régime doivent être recherchées en dehors de la Constitution mais elles devront alors bénéficier d’un très large consensus et permettre d’assurer le respect des libertés publiques et la sécurité. Dans tous les cas, ces solutions ne devront être que provisoires ne dépassant pas une durée de 12 à 15 mois.

L’armée doit choisir entre la sauvegarde du régime et la sauvegarde de l’État et de la nation

En l’état actuel des rapports de force politique où même le pouvoir, à travers les médias officiels, feint d’admettre la nécessité de changer de système politique, il est inconcevable que le chef de l’état-major continue d’agiter la menace du chaos un jour et la convergence peuple/armée le lendemain. Le haut commandement militaire participe du régime et le coup de force du 11 mars ne peut avoir été conçu sans son aval et aboutir sans son soutien.

Aujourd’hui, l’armée doit choisir entre la sauvegarde du régime et celle de l’État et de la nation. Ce n’est pas parce que certains analystes la présente comme la colonne vertébrale de l’État qu’elle incarne à elle seule l’État. Ce n’est pas parce que le chef de l’état-major la désigne comme garante de la Constitution qu’elle l’est. L’affirmation de son caractère national et populaire ne doit pas faire oublier que si elle est, sans aucun, doute possible une institution importante de L’État, elle n’est qu’une institution de la République parmi d’autres.

Son rôle dans la défense des frontières de l’Algérie et de ses intérêts géostratégiques, dans le domaine militaire, est d’autant plus évident que des États voisins sont secoués par des troubles sanglants. Mais il ne faut pas confondre défense de la souveraineté et titulaire de la souveraineté. En Algérie, seul le peuple est souverain et il entend l’être désormais de manière effective.

La préservation de son caractère national et populaire, le souci de la cohésion nationale et le respect de la volonté populaire dictent à l’armée de renoncer à vouloir régénérer le régime, d’accepter pleinement une transition démocratique qui débuterait le plus tôt possible et d’assurer, avec les services de sécurité, chacun dans ses champs de compétence respectifs, la sécurité du pays et celle des Algériennes et des Algériens.

Appel à la création d’un Forum démocratique pour la deuxième République

De nombreux collectifs, organisations, partis, syndicats et associations agissent séparément ou collectivement dans la perspective du changement. Malgré la répression et les conditions difficiles infligées par un régime qui les a pourchassées, ces organisations ont continué d’exister durant des décennies. Aujourd’hui et bien que le mouvement populaire de février 2019 les ait revigorées, elles ne sauront peser sur la transition sans un rassemblement de leurs forces.

La course contre la montre est lancée. L’impasse dans laquelle se trouve le régime est le fait de la mobilisation massive et active des citoyens à travers l’ensemble du territoire national. Nous sommes des millions de visages face à des acteurs de l’ombre. Le pouvoir est sur la défensive. Il a déjà tenté de reprendre l’initiative politique avec le coup de force du 11 mars. Pour empêcher l’aboutissement de ce coup de force, en plus de la nécessité de maintenir les mobilisations populaires pacifiques dans la rue, il est urgent de construire des Forums aux fins de permettre l’émergence d’une parole politique forte sur la transition démocratique, ses modalités et ses institutions. Contribuer activement à leur mise en place et à la défense de l’indépendance de leur fonctionnement. 

Nous appelons par conséquent à la création d’un forum démocratique pour la deuxième République pour réfléchir ensemble à des propositions en vue de la réalisation de cet objectif.

Ce forum sera le lieu d’une élaboration politique autonome rassemblant les organisations et sensibilités engagées dans l’édification d’institutions démocratiques, d’une société juste, égalitaire et ouverte et d’une économie productive et prospère, dans le respect de nos ressources communes. L’impératif historique devant lequel se trouve la nation nous impose d’œuvrer désormais ensemble et de ne plus agir désunis et en ordre dispersé contre ce régime et contre toutes autres forces hostiles à la démocratie et à notre idéal. A cet effet, ACDA entamera une série de rencontres avec nos concitoyens aux fins de débattre de la situation politique, des modalités et de la nature politique de la période de transition pour l’émergence d’une deuxième République.

ACDA œuvrera pour permettre l’émergence et la construction de ce forum.

Paris, le 18/03/2019